Ce que le premier rapport mondial sur les entreprises et la biodiversité nous dit

Ce que le premier rapport mondial sur les entreprises et la biodiversité nous dit

7 300 milliards contre la nature. 220 pour la protéger. Ce que le premier rapport mondial sur les entreprises et la biodiversité nous dit et ce qu'on en fait.

En février 2026, l'IPBES la plateforme scientifique internationale sur la biodiversité, l'équivalent du GIEC pour le vivant a publié sa première évaluation mondiale consacrée aux relations entre entreprises et biodiversité.

Le chiffre d'entrée est brutal : 7 300 milliards de dollars de flux financiers publics et privés ont soutenu des activités nuisibles à la nature en 2023. En face : 220 milliards orientés vers sa protection. Un rapport de 1 pour 33.

On ne publie pas ce billet pour faire le tour du rapport. On le publie parce qu'il dit des choses qu'on essaie de faire en vrai depuis quelques années. Et parce qu'il nous pousse à aller plus loin.


La vigne, c'est l'exemple parfait du problème

La vigne, c'est moins de 4% de l'agriculture française. Et plus de 20% des pesticides utilisés. (Source : ADEME.)

On a créé Oé autour de ce constat. Pas parce qu'on voulait "sauver la planète"  mais parce qu'on trouvait ça absurde. Un produit qu'on boit. Qui irrigue des paysages qu'on aime. Et qui concentre à lui seul une part disproportionnée de la pression chimique sur les sols, les insectes, les nappes phréatiques.

Ce que le rapport IPBES confirme, c'est que ce n'est pas un problème propre au vin. C'est une logique systémique : l'économie mondiale dépend des écosystèmes, mais contribue activement à leur dégradation. Et les entreprises (toutes les entreprises) en sont à la fois responsables et exposées.


Ce que le rapport dit, concrètement

Trois enseignements qu'on retient :

1. Moins de 1% des entreprises qui publient des rapports mentionnent leurs impacts sur la biodiversité.

C'est le chiffre le plus révélateur. Pas parce qu'il accuse mais parce qu'il dit à quel point le sujet reste hors radar. Les entreprises mesurent leur carbone, leurs consommations d'eau, leurs déchets. La biodiversité, elle, reste dans l'angle mort.

2. Dépendances et impacts sont les deux faces d'un même problème.

On n'abîme pas la biodiversité uniquement en produisant. On en dépend aussi pour les pollinisateurs, la qualité des sols, la régulation de l'eau. Pour Oé, c'est littéral : sans abeilles, sans haies, sans vie microbienne dans les sols, pas de raisins. Pas de vin. Pas d'Oé.

3. Les risques sont économiques, pas seulement environnementaux.

Perturbation des chaînes d'approvisionnement, contraintes réglementaires, pression des investisseurs. La perte de biodiversité se traduit en risques concrets pour les entreprises. Ce n'est plus seulement un sujet RSE c'est un sujet de stratégie.


Ce qu'on fait déjà (et ce que ça représente)

On travaille avec des vignerons en bio 100% de la gamme. C'est la base. Pas de pesticides de synthèse, pas d'herbicides chimiques. Mais l'absence de ce qu'on évite ne dit pas grand chose sur la vie qu'on permet.

Alors depuis quelques années, on va plus loin avec les domaines partenaires.

Sur le domaine de la Chapelle Saint-Pierre dans la Drôme c'est 6 hectares que l'on accompagne directement et sur lesquels on a planté 1 150 mètres de haies, 695 plants, 30 variétés. Des couverts végétaux entre les rangs, des bandes fleuries, une bergerie pour réintroduire la traction animale et le pâturage. Ce n'est pas de l'affichage, c'est de la restauration écologique, mètre par mètre.

On reverse aussi 1% de notre chiffre d'affaires chaque année à des actions agroécologiques sur les domaines partenaires. Et on co-finance des audits Ecofarms, des plans bio-agroécologiques sur-mesure pour chaque vigneron.


Ce qu'on veut encore faire

Le rapport IPBES dit quelque chose qu'on ressent dans notre quotidien : les actions individuelles ne suffisent pas. L'inversion de la trajectoire suppose une coordination entre entreprises, acteurs financiers et politiques publiques.

Nous, on est une marque de vin. On ne va pas prétendre peser sur les flux financiers mondiaux.

Mais on peut faire deux choses :

Aller plus loin sur les domaines partenaires. Notre ambition à cinq ans : 150 000 tonnes de CO₂ séquestrées, 60 000 mètres de haies plantées, 200 vignerons formés aux pratiques régénératives. On n'y est pas. On y travaille.

Rendre visible ce qui est invisible. Moins de 1% des entreprises parlent de leur impact sur la biodiversité. On peut faire partie de ce 1%. Pas pour se donner bonne conscience mais pour que les gens qui boivent nos vins sachent ce qu'il y a derrière la bouteille. Vraiment.


Ce que ça change pour vous

Rien d'immédiat. Vous n'avez pas besoin de lire un rapport de 1 500 pages en anglais pour acheter une bouteille Oé.

Mais si vous voulez que ce que vous mettez dans votre verre soit tracé jusqu'au sol, aux haies, aux pratiques du vigneron qui l'a fait, c'est pour ça qu'on existe.

Et si vous êtes acheteur, restaurateur, importateur et que vous vous demandez comment intégrer la biodiversité dans vos critères de référencement, on a quelques choses à vous montrer.


Le rapport complet de l'IPBES est disponible sur ipbes.net.

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