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La neutralité carbone, le meilleur des greenwashing ?

Laissez nous vous raconter une petite histoire. On vous présente Léo et Ava. Ava vient de tomber par terre et s’est fait mal au genou. Elle pleure. Évidemment, Léo comprend que c’est à lui de jouer, il faut qu’il aide Ava. Alors il fait ce qu’on lui a appris depuis petit. Il va chercher un pansement et du désinfectant pour nettoyer la plaie. Il met le pansement sur le coude d’Ava et tadam le problème est réglé. Sauf que rien n'a changé pour Ava. - “Et oui Léo, pour soigner un genou, un pansement sur le coude ne change rien” lui dit Ava. 

Si vous n’aviez pas encore fait le rapprochement, on vous donne un indice : Léo pourrait s’appeler “neutralité carbone” dans cette histoire.


Qu’est-ce-que la neutralité carbone ?

Selon l’ADEME, c’est le fait “de séquestrer autant de carbone que nous en émettons, de manière à stabiliser son niveau de concentration dans l’atmosphère et ainsi limiter l’augmentation de la température globale de la planète”. Par abus de langage on parle de carbone mais c’est en réalité la quantité de CO2 que nous prenons en compte dans les calculs officiels car les autres gaz polluants, comme le méthane, sont beaucoup plus compliqués à quantifier et n’ont pas autant d’impact à court terme.

Attention à ne pas confondre la neutralité carbone avec les objectifs de “zéro émission". Comme son nom l’indique, un objectif zéro émission, n’émet pas de carbone (ou de CO2 précisément), là où la neutralité carbone va essayer de compenser pour des émissions déjà faites. 


Qu’est ce que le greenwashing ?

Réponse A : une pratique extrêmement tendance parmi les entreprises du monde entier

Réponse B : un message publicitaire pouvant induire le public en erreur sur la qualité écologique réelle d’un produit

Réponse C : une habitude répréhensible qui fait perdre la confiance des consommateurs dans les entreprises (y compris celle qui n’en sont pas coupable)

Réponse D : A, B et C

On vous laisse quelques instants….

 

Bon, vous avez probablement eu la bonne réponse, c’était la réponse D. 

Effectivement depuis plusieurs années, pour beaucoup d'entreprises, quand on parle d’écologie, il n’est plus vraiment question de sauver notre planète mais surtout de marketing et d’argument commercial très lucratif. Et oui, un peu de papier kraft par-ci un petit éco-label par-là et votre produit vient de se vendre 50 centimes plus cher. 

En bonus : vous n’avez même pas eu à le changer. 

Et le meilleur dans tout ça, c’est que cette pratique est tellement commune que l’année dernière un concours des pires campagnes de greenwashing à été organisé par le collectif Pour un Réveil Écologique. On vous présente le grand gagnant de l’édition 2021 - toutes nos félicitations à Toyota…


Pub Toyota "Plus vous conduisez, plus vous nettoyez l'air"

 

Pour aller plus loin on vous propose ce guide très complet  écrit par l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) : Guide Anti Greenwashing


Est-ce que le greenwashing est légal ?

Pour faire court, non ce n’est pas légal. 

Pour faire long, non ce n’est pas légal mais pas depuis longtemps et la législation qui l’encadre n’est encore qu’à ses prémices. 

Et oui, sachant que 72% des Français seraient favorables à une consommation responsable, le gouvernement ne pouvaient pas laisser le greenwashing ternir le seul sujet sur lequel une écrasante majorité s’accorde pour aller dans le même sens - c’est tellement rare en même de temps de voir des français qui sont d’accords…

Logo Loi Climat et Résilience

C’est pourquoi depuis le 22 août dernier, la loi Climat et Résilience introduit de nombreuses restrictions sur les publicités. Cette loi est le résultat direct de la Convention  Citoyenne pour le Climat et ne parle pas seulement de greenwashing, elle lutte globalement contre le dérèglement climatique en mettant des actions diverses et variées en place dans notre quotidien. 

Pour ce qui est du greenwashing, les articles 4 et 10 de la loi en font une “pratique commerciale trompeuse” qui sera désormais punie d’une amende à hauteur de 80% des dépenses engagées dans la campagne de greenwashing et surtout de l’obligation de communiquer sur la sanction et les raisons de la sanction. Cette dernière partie est essentielle. Car beaucoup d'entreprises ont plus intérêt, financièrement, à payer l’amende qu’à ne pas faire la campagne. Et une fois lancée, la campagne aura sûrement un impact bénéfique sur les ventes que l’amende pour greenwashing ne peut compenser.

Pub BNP Greenwashing

Prenez l’exemple de cette campagne de la BNP relayé par Bon Pote le 26 janvier dernier sur twitter.

“Si votre banque finance le forage de l’Arctique alors vous aussi”

Venant d’une des banques les plus polluantes de par la quantité de projets d’énergies fossiles qu’ils financent, on peut dire que c’est l’hôpital qui se fout de la charité. Mais voyez vous, ils ont arrêté de financer une micro partie de ces projets en Arctique donc l’occasion était parfaite. Autant en faire une pub de 10/12m.

Même s'ils ont été pris en flag sur les réseaux - et qu’ils ont fait des excuses - des centaines de personnes ont vu cette énorme affiche et y ont cru. La plupart ne se rendront probablement jamais compte de la supercherie. À la fin, c’est tout bénéf pour la BNP.


Est-ce que la neutralité carbone c’est du greenwashing ?

Encore une fois, oui et non. Vous trouverez des militants des deux réponses mais après moultes et moultes recherches, voilà ce qu’on a compris :

La neutralité carbone n’est pas la solution pour diminuer les émissions de CO2. Comme précisé ci-dessus, en visant la neutralité carbone on ne diminue pas la quantité de carbone que l’on émet. On le compense. Un peu comme quand on fait une grosse séance de sport après un gros repas en espérant annuler les calories. Le sport ne va pas faire de mal mais il n’efface pas le burger végétarien au reblochon et les frites maison. 

Sauf que dans le cas de la neutralité carbone, les effets secondaires sont bien plus graves que quelques courbatures. On n'a actuellement aucune technologie capable “d'aspirer” le carbone ou de le détruire complètement. 

Aujourd’hui pour atteindre la neutralité, les entreprises passent par 5 moyens :

  • Acheter des droits à polluer sur le marché financier du carbone.
  • Acheter des parcelles de forêts qu’ils “protègent” de la déforestation ou planter des arbres.
  • Injecter le CO2 récupéré dans l’air ou dans les usines directement pour l’injecter sous terre - oui, oui vous avez bien lu, même avec le carbone on continue de le cacher sous le lit pour éviter de faire le ménage
  • Fertiliser les océans avec des algues pour qu’ils aspirent encore plus de Co2 qu’ils ne le font déjà.
  • Investir dans des projets autour de la transition écologique, énergétique et le développement de technologies plus durables.

Dans une certaine mesure, toutes ces solutions apportent quelque chose de plutôt positif. 

Le marché financier du carbone permet, en théorie, de limiter la capacité des entreprises d’un pays à polluer car une fois que les droits à polluer sont en quantité limitée sur le marché, une fois le stock épuisé sur une période déterminée, on ne peut plus polluer sans payer de fortes amendes - je me répète, en théorie

Mais le marché n’est pas la seule réponse pour verdir sa pollution, les 4 autres “solutions” peuvent aussi diminuer les chiffres. 

Investir est un bon moyen de ne pas trop faire d’effort pour changer les choses. La législation autour des “projets verts” est encore très faible donc c’est assez difficile d’estimer la quantité de projet qui aide réellement et qui auront permis de diminuer la quantité de carbone dans notre air. 

Pour ce qui est des solutions plus palpables comme planter des arbres ou fertiliser notre océan, et bien Ava l’a très bien expliqué. Un coude et un genou sont deux choses très différentes. 

En dehors de l’écart géographique entre le lieu pollué et le lieu de compensation, malgré leurs meilleurs efforts, les arbres ou les océans ne peuvent pas consommer la totalité du carbone émis. C’est tout bonnement impossible. 

Pour vous donner une idée, pour compenser l’empreinte carbone de tous les français avec nos forêts, on aurait besoin de 24 milliards d’arbres (ou 24 millions d’hectares de forêt dense). En gros, 38% de la France serait recouverte uniquement d'arbres. À l’échelle mondiale, ce ne serait pas possible car les climats et les différentes biodiversités ne peuvent pas tous supporter des forêts.

Et ce n’est pas faute d’avoir essayé. Aux États-Unis, certaines entreprises ont planté des centaines d’arbres (si ce n’est des milliers) pour décarboner leurs émissions. Seulement, ils n’ont pas pensé à choisir des espèces locales, ou à faire appel à un service d’agroforesterie qui saurait gérer durablement la forêt. À la place, ce sont littéralement des champs d’arbres qui ont été plantés. Ces “fausses forêts” détruisent la biodiversité locale en empêchant la nature de faire son boulot et ne permettent pas aux espèces de trouver tout ce dont ils ont besoin pour survivre.

Post Instagram Greenpeace

 Source : Instagram Greenpeace

Pour finir, je n’ai pas besoin de vous expliquer pourquoi injecter du CO2 dans nos sous-sols n’est pas une solution durable. En plus d’augmenter la fréquence et la force des tremblements de terre et autres évènements sismiques, nos sous-sols ne sont pas des valises d’Hermione Granger et sont aussi limités en taille qu’à notre surface.

Bref, tout ça est très compliqué. Ce qu’il faut en conclure c’est que changer notre consommation et notre production pour réduire en premier lieu et non compenser les émissions de CO2 devrait être notre objectif numéro 1. Là est notre réelle solution. 

Par exemple chez Oé, pour diminuer nos émissions et notre impact de façon général, on tend toujours plus vers une logistique zéro déchet et on a remis en place la consigne. Ce genre de changements ne sont pas simples ou faciles à organiser mais ils font réellement la différence.

On vous encourage à vous renseigner un peu plus sur les différentes pratiques de greenwashing et en particulier celle en rapport avec la neutralité carbone car nous allons en voir de plus en plus dans les prochaines années. 

Pour plus de détails sur les différentes solution de stockage du carbone et leurs danger, voici un article de Youmatter.world qui explique les choses très simplement : Youmatter.world



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